

La rentrée scolaire 2025-2026 en Guinée est officiellement prévue pour le 15 septembre prochain. Une décision des autorités qui suscite déjà de vives réactions, notamment du Syndicat national de l’Éducation (SNE), qui met en garde contre les risques d’une reprise précipitée et mal préparée.
Un calendrier en décalage avec les standards internationaux
Selon le SNE, la Guinée reste en retard par rapport aux normes en vigueur dans de nombreux pays. Les élèves ne bénéficient que de huit mois effectifs de cours, suivis d’un mois d’évaluation, au lieu des neuf mois d’apprentissage recommandés.
Cette contrainte pousse les enseignants à « courir derrière les programmes », au détriment de l’assimilation réelle des connaissances. Une situation qui, selon le syndicat, explique en partie le taux élevé d’échecs aux examens nationaux.
Autre critique : la durée des vacances, jugée excessive. Avec trois mois de congés, « de nombreux élèves désapprennent les acquis », estime le SNE, rappelant que dans les pays voisins, elles n’excèdent généralement pas deux mois.
Une date jugée irréaliste
Au-delà du calendrier, le syndicat doute de la faisabilité de la date du 15 septembre. Il pointe plusieurs obstacles :
- le budget de la rentrée 2025-2026 n’a pas encore été débloqué ;
- la crise économique complique l’achat des fournitures et le paiement des frais de scolarité ;
- le climat politique, marqué par le référendum du 21 septembre, pourrait dissuader certains parents d’envoyer leurs enfants à l’école ;
- la situation précaire de milliers d’enseignants contractuels et le blocage des salaires depuis plusieurs mois menacent la stabilité de l’année.
Un signal politique
Malgré ces inquiétudes, le SNE reconnaît que cette décision traduit aussi une volonté des autorités de « sonner le réveil » et de mobiliser enseignants, élèves et parents avant la date symbolique du 2 octobre, marquant l’anniversaire de l’indépendance de la Guinée.
Les recommandations du SNE
Le syndicat appelle le gouvernement à :
- communiquer davantage sur l’importance d’un calendrier conforme aux standards internationaux ;
- mettre rapidement à disposition le budget de la rentrée ;
- acheminer les fournitures scolaires et le matériel didactique à travers le pays ;
- améliorer les infrastructures et équipements scolaires ;
- régulariser la situation des contractuels et payer les arriérés des enseignants ;
- rétablir les retraités dans leurs droits et corriger les pensions insuffisantes ;
- harmoniser les primes des responsables éducatifs avec celles des autres départements.
Une rentrée sous tension
Pour le SNE, la réussite de la prochaine année scolaire dépendra de la mise en œuvre de ces mesures urgentes. Faute de quoi, le pays risque de revivre de nouvelles perturbations, avec des conséquences directes sur la qualité de l’enseignement.
Djamanainfo.com





