

À Kankan, la pénurie de carburant est devenue une réalité récurrente qui plonge les citoyens dans un véritable calvaire. Pourtant, derrière cette situation qui perturbe le quotidien des conducteurs et des usagers, beaucoup s’interrogent : s’agit-il réellement d’un manque de carburant ou d’une crise entretenue par certains acteurs ?
Dans bien des cas, la pénurie semble être précédée par une vague de rumeurs. On entend souvent dire que le stock d’une station-service serait sur le point de finir. L’information circule rapidement, créant une panique générale. Les conducteurs se précipitent vers les stations, provoquant de longues files d’attente. Mais ces rumeurs ne seraient pas toujours innocentes. Certains agents de stations-service, en communication avec des détaillants bien connus, contribueraient à entretenir cette psychose afin de raréfier le produit.
Une fois la tension installée, le carburant disparaît progressivement des circuits officiels pour réapparaître sur le marché noir. Dans certaines stations, une augmentation informelle d’environ 1 000 GNF est appliquée sur chaque litre. Sur le marché parallèle, le prix peut atteindre 20 000 GNF, voire plus. Une flambée qui pèse lourdement sur les citoyens dont les activités dépendent du carburant.
Autre phénomène préoccupant : certains profitent des mesures de priorité accordées aux femmes et aux élèves. Se faisant passer pour ces catégories, ils remplissent leurs motos avant d’aller revendre le carburant à des fins commerciales. Ce système alimente davantage la spéculation et aggrave la pénurie.
Au final, ce sont les consommateurs honnêtes qui subissent les conséquences : des heures d’attente dans les stations, des dépenses supplémentaires et une incertitude permanente.
Face à cette situation, les autorités doivent redoubler de vigilance. Le contrôle des stations-service, la lutte contre le marché noir et des sanctions contre les spéculateurs deviennent indispensables. Car une pénurie provoquée n’est pas seulement un problème économique, c’est une injustice sociale qui frappe directement les citoyens de Kankan.
Saliou Cissé
Journaliste




