Justice

Traite des êtres humains à Nzérékoré : la justice frappe, le parquet promet d’aller plus loin

Le Tribunal de première instance de Nzérékoré a rendu, ce jeudi 22 janvier 2026, une première décision dans le vaste dossier de traite des êtres humains impliquant 83 personnes interpellées. Entre condamnations, relaxes et mises au point du parquet, la justice affirme sa volonté de remonter jusqu’aux véritables auteurs de ce réseau criminel.

Le tribunal de première instance (TPI) de Nzérékoré a rendu, ce jeudi 22 janvier 2026, une première décision dans le vaste dossier de traite des êtres humains qui a secoué la région forestière. Cette affaire fait suite à une opération conjointe menée par une synergie des forces de sécurité ayant conduit à l’interpellation de 83 personnes.

Après plusieurs jours d’audiences, la juridiction a statué en prononçant des condamnations, des relaxes et en apportant d’importantes précisions sur le sort judiciaire des personnes poursuivies.

Deux accusés condamnés

Dans son délibéré, le tribunal, statuant publiquement, contradictoirement et en premier ressort, a déclaré Aboubacar Diallo coupable des délits d’escroquerie et de traite des êtres humains. Il a été condamné à trois (3) ans d’emprisonnement, dont un (1) an assorti de sursis pour les vingt-quatre derniers mois, ainsi qu’au paiement d’une amende de deux (2) millions de francs guinéens.

Son coaccusé, Foula Diallo, a quant à lui été reconnu coupable de complicité de traite des êtres humains. Il a écopé d’une peine d’un (1) an d’emprisonnement, dont six (6) mois avec sursis, assortie d’une amende de deux (2) millions de francs guinéens.

Sur l’action civile, le tribunal a condamné solidairement les deux prévenus à verser à Alseny Barry la somme de vingt (20) millions de francs guinéens à titre de remboursement de la somme escroquée. Les frais de justice ont été mis à la charge des condamnés.

Plusieurs prévenus relaxés

Dans la même décision, le tribunal a également déclaré non coupables du délit de traite des êtres humains plusieurs prévenus, notamment : Adama Baro, Djiba Fofana, Marthe Kandé, Ousmane Condé, Abdoulaye Yara, Sory Keita, Komao Lafé Ebenler, Yara Sanya, Amadou Oury Barry, Amara Doumbouya et Amadou Barry.

Tous ont été renvoyés des fins de la poursuite pour délits non établis. Les intérêts civils ont été réservés et les frais mis à la charge du Trésor public.

Le parquet déterminé à poursuivre les véritables auteurs

Réagissant à cette décision, le ministère public, par la voix de Mohamed Fatoumata Soumah, a pris acte du jugement tout en soulignant que certaines personnes poursuivies n’étaient pas, selon le parquet, les véritables auteurs des faits.

« Nous sommes convaincus que les véritables auteurs sont dans la nature. Le parquet de Nzérékoré s’engage à les traquer partout où ils se trouvent et à les faire condamner », a-t-il martelé.

Le magistrat a également adressé une mise en garde aux personnes relaxées, les invitant à quitter la région de Nzérékoré, sous peine d’être considérées comme auteurs ou complices en cas de récidive. Il a enfin annoncé la mise en relation de plusieurs victimes avec des ONG pour leur prise en charge.

Clarifications sur les 83 personnes interpellées

Le procureur de la République par intérim près le TPI de Nzérékoré, Moussa Camara, a apporté des précisions importantes sur la gestion du dossier. Selon lui, le parquet a progressivement procédé au tri des 83 personnes interpellées, permettant d’identifier de nombreuses victimes parmi elles.

« Sur les 83 personnes, nous avons libéré plus de trente personnes après avoir constaté qu’il s’agissait de victimes, y compris des mineurs », a-t-il expliqué.

Parmi les personnes effectivement poursuivies, dix-huit (18) sont de nationalité étrangère : onze (11) Maliens, deux (2) Gambiens, trois (3) Ivoiriens, un (1) Togolais et un (1) Nigérian, soit dix-sept (17) hommes et une (1) femme. Les autres personnes vulnérables ont été orientées vers des ONG partenaires ou libérées après vérification de leur situation.

Une lutte ciblée contre les réseaux

Pour le parquet, l’objectif n’est pas de multiplier les condamnations, mais d’identifier et de sanctionner les véritables têtes pensantes des réseaux de traite des êtres humains.

« Il s’agit de voir qui a fait quoi. Les victimes sont prises en charge par des ONG et les auteurs seront poursuivis et condamnés conformément à la loi », a conclu Moussa Camara.

À travers ces décisions, le tribunal de Nzérékoré entend réaffirmer la primauté de la protection des victimes et la détermination des autorités judiciaires à lutter sans relâche contre la traite des êtres humains.

Source: Africaguinee.com

djamanainfo.com

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