

Lorsqu’on cherche à prolonger indéfiniment ce qui, par nature, est éphémère, les obstacles deviennent inévitables. Vouloir forcer le destin ou s’accrocher au pouvoir au-delà du raisonnable expose souvent à une sortie sans honneur ni reconnaissance. C’est autour de cette réflexion que s’articule l’analyse politique proposée par Tibou Kamara.
L’auteur évoque d’abord l’exemple de feu Hamed Bakayoko, ancien Premier ministre ivoirien, qui, alors qu’il occupait le prestigieux poste de ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, confiait déjà sa lassitude face à une fonction qu’il considérait comme un « champ de mines ». Une lucidité rare qui, selon l’auteur, illustre la nécessité pour les responsables publics de savoir anticiper le moment du départ plutôt que d’y être contraints.
Pour Tibou Kamara, la quête de longévité dans les fonctions d’État se transforme souvent en obsession d’éternité. Dans de nombreux pays africains, explique-t-il, les dirigeants quittent rarement leurs responsabilités de leur propre initiative, préférant s’y maintenir jusqu’à l’usure ou jusqu’à ce que les circonstances les y obligent.
L’analyse s’oriente ensuite vers la situation politique guinéenne, notamment la gestion du ministère des Affaires étrangères. Selon l’auteur, Morissanda Kouyaté, médecin de formation devenu chef de la diplomatie guinéenne, ne disposerait ni du profil ni de l’expérience nécessaires pour exercer efficacement cette fonction stratégique.
La tribune souligne une accumulation de critiques et de controverses entourant son action, évoquant une gestion jugée confuse et des décisions ayant alimenté un climat de tension au sein de l’opinion publique. Tibou Kamara estime que certaines prises de position et initiatives récentes auraient contribué à fragiliser l’image du gouvernement, exposant davantage le régime à la critique populaire.
L’auteur reproche également au ministre une tendance à rejeter la responsabilité sur des décisions héritées du passé, alors même que certaines actions contestées auraient été reconduites sous sa propre autorité. Pour lui, cette stratégie de défense ne saurait convaincre face à des faits désormais publics.
Selon la tribune, la crise actuelle marque un tournant politique important, révélant comment un gouvernement peut être affaibli non pas uniquement par l’opposition, mais par les erreurs internes de certains de ses propres responsables.
En conclusion, Tibou Kamara rappelle une constante politique : les régimes ne s’effondrent généralement pas sous les attaques extérieures, mais sous le poids de leurs propres faiblesses, dérives et mauvais choix stratégiques. Une réflexion qui invite, selon lui, les dirigeants à privilégier la responsabilité, la lucidité et le sens du timing dans l’exercice du pouvoir.
Par Tibou Kamara





