Mali : la justice maintient la peine de prison contre l’ancien Premier ministre Moussa Mara

La Cour d’appel de Bamako a confirmé, ce lundi 9 février 2026, la condamnation de l’ancien chef du gouvernement malien, Moussa Mara. Une décision qui ravive le débat sur les libertés publiques et l’état de droit dans le pays.

L’ancien Premier ministre malien Moussa Mara restera derrière les barreaux. La Cour d’appel de Bamako a confirmé la peine prononcée en première instance, soit deux ans d’emprisonnement, dont une partie ferme, pour atteinte au crédit de l’État et opposition à l’autorité légitime.

Le verdict initial avait été rendu en octobre 2025, à la suite de poursuites engagées contre le leader du parti Yelema. Les faits reprochés remontent à un message publié sur les réseaux sociaux dans lequel l’ex-Premier ministre affirmait sa volonté de se « battre par tous les moyens », une déclaration jugée subversive par les autorités judiciaires.

Une détention maintenue malgré les recours

Arrêté le 1er août 2025, Moussa Mara est depuis détenu sans interruption. Deux demandes de mise en liberté provisoire introduites par ses conseils ont été rejetées par la justice, renforçant le sentiment d’inquiétude au sein de ses partisans et de certaines organisations de défense des droits humains.

Les avocats de l’ancien Premier ministre dénoncent une décision disproportionnée et estiment que leur client est poursuivi pour ses opinions politiques. Ils ont annoncé leur intention de saisir la Cour suprême par un pourvoi en cassation.

Réactions des défenseurs des droits humains

La confirmation de cette condamnation a suscité de vives réactions, notamment de la part d’Amnesty International, qui y voit un symbole inquiétant du recul des libertés au Mali.

Selon l’organisation, cette affaire illustre une tendance à la restriction de la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique, en contradiction avec les engagements constitutionnels et internationaux du pays.

Un dossier hautement politique

Ancien chef du gouvernement et figure politique connue, Moussa Mara incarne aujourd’hui, pour ses soutiens, un cas emblématique de la judiciarisation du débat politique au Mali. Pour les autorités, la condamnation relève d’une application stricte de la loi face à des propos jugés dangereux pour la stabilité de l’État.

En attendant l’issue du recours en cassation annoncé par la défense, l’ancien Premier ministre demeure incarcéré.

Affaire à suivre.

djamanainfo.com

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