Kankan : Hadja Bintou Kaba investit dans le savoir et la foi avec une école et une mosquée

 

À l’approche de la rentrée scolaire 2025-2026, le quartier Senkefara-Kököma, dans la commune urbaine de Kankan, bénéficie d’une importante réalisation : une école franco-arabe de six salles de classe accompagnée d’une mosquée. Cette œuvre est signée Madame Kaba, née Hadja Bintou Kaba, qui a financé le projet grâce à ses propres moyens, avec l’appui de quelques bonnes volontés.

Kankan : Hadja Bintou Kaba investit dans le savoir et la foi avec une école et une mosquée

Une inspiration née à la Mecque

Revenant sur la genèse de son projet, la bienfaitrice explique :

« L’initiative est venue de mon pèlerinage à la Mecque en 2012. J’ai vu comment les Arabes ont pris la religion, je me suis dit : comment nous, les Noirs, pouvons être auprès de Dieu ? Étant très jeune à la Mecque, j’ai vu la génération de mes enfants avec lesquels on faisait le tawaf ensemble, en train de réciter le Coran. Moi, j’avais délaissé. Dès lors, j’ai décidé qu’après mon retour, je vais faire quelque chose pour être très proche de Dieu le jour du dernier jugement. C’est ce qui m’a motivée à faire des économies avec mon maigre salaire, avec l’accompagnement de mon mari. Nous avons débuté cette mosquée en 2019 grâce à ma fille qui a cherché une aide auprès d’une de ses connaissances du nom de Moussa Condé, dit Condéba. Ce dernier a impliqué son oncle Sory Traoré, qui nous a aidés à avoir ce terrain. »

Le soutien de la famille

Sa fille, Fatoumata Baloka Kaba, a tenu à témoigner de l’inspiration de sa mère :

« Maman s’inspire également de la sourate Ikraa qui appelle à la formation et à l’éducation.. Pour elle, rien ne vaut que la formation dans la vie, car la connaissance est une lumière. Nous invitons tous à venir inscrire leurs enfants parce que qui n’étudie pas n’a rien. Il n’y a pas une richesse plus formidable que le savoir. Elle dit toujours que l’amour de la patrie est une partie de notre foi. Elle vit dans ça et croit fermement en cela. Pour elle, ce projet c’est pour Allah. »

Le rôle de l’éducation selon l’imam

Présent lors de la cérémonie, l’imam Mamady Kaba a rappelé l’importance du savoir dans l’Islam :

« Quelqu’un a interrogé un jour le Prophète Muhammad (paix et salut sur lui) : moi, je veux réussir à l’au-delà. Le Prophète lui a dit d’aller étudier. Un second est venu lui demander : moi, je veux réussir la vie et l’au-delà. Le Prophète a répondu : d’aller étudier. Donc, le plus grand et le plus bon travail est la construction d’une école. La vie et l’au-delà appartiennent à ceux qui ont étudié. »

La reconnaissance des citoyens

Du côté des habitants, la joie était palpable. Saran Kaba, citoyenne du quartier, a exprimé sa gratitude :

« Je suis très contente de la construction de cette mosquée et de cette école. Voir cette réalisation dans ce quartier est une satisfaction totale de ma part. Je demande à tous les parents d’élèves et à tous les musulmans de se mobiliser, car ces édifices sont faits pour nous. »

Une ambition tournée vers l’avenir

Si Hadja Bintou Kaba rêvait d’offrir une éducation gratuite, le manque de moyens l’a contrainte à instaurer une contribution des parents pour assurer la prise en charge des enseignants.

« Cela fait 7 ans que nous sommes sur ce projet. Si j’avais les moyens nécessaires, j’allais prendre les enseignants en charge et prendre les enfants gratuitement. »

Mais la bienfaitrice voit plus loin :

« Je compte construire d’autres édifices pour le secondaire dans le futur », a-t-elle annoncé, avant de conclure son allocution en ces termes : « Je remercie les nouvelles autorités du pays, notamment le Général Mamadi Doumbouya, président de la République, chef de l’État et chef suprême des armées. »

 

 

 

 

 

 

Avec ce geste, Hadja Bintou Kaba offre à son quartier un double héritage : une école pour l’instruction et une mosquée pour la foi. Et avec l’appui constant de son mari, elle entend poursuivre sur cette lancée en prétendant bâtir d’autres infrastructures éducatives et religieuses pour les générations futures.

 

Saliou Cissé pour djamanainfo.com 

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