Guinée : quatre ans après le putsch contre Alpha Condé, Mamadi Doumbouya élu président avec 86,72 % des voix
Arrivé au pouvoir à la suite du coup d’État de septembre 2021, le général Mamadi Doumbouya a remporté l’élection présidentielle du 28 décembre 2025 avec 86,72 % des suffrages selon les résultats provisoires. Un scrutin largement critiqué par l’opposition, dont plusieurs figures majeures étaient absentes de la course électorale.

Sans véritable surprise, le général Mamadi Doumbouya a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle guinéenne du 28 décembre 2025, selon les résultats provisoires annoncés dans la soirée du mardi 30 décembre par la Direction générale des élections (DGE). Le chef de la junte, au pouvoir depuis le 5 septembre 2021, obtient 86,72 % des voix, s’assurant ainsi un mandat présidentiel de sept ans.
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Cette victoire était largement anticipée par une partie de l’opinion publique. De nombreux Guinéens considéraient en effet ce scrutin comme joué d’avance, dans un contexte politique marqué par l’absence de plusieurs poids lourds de l’opposition et par des restrictions dénoncées par des acteurs politiques et de la société civile.
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Ancien légionnaire de l’armée française, Mamadi Doumbouya avait renversé l’ex-président Alpha Condé lors d’un coup d’État militaire, promettant à l’époque une refondation de l’État et un retour à l’ordre constitutionnel. Quatre ans plus tard, il accède à la magistrature suprême par les urnes, dans un climat que ses détracteurs qualifient de verrouillé.
Face à lui, huit candidats étaient officiellement autorisés à concourir. Aucun n’a réellement inquiété le président sortant de la transition. Le candidat arrivé en deuxième position, Abdoulaye Yéro Baldé, recueille 6,59 % des suffrages, loin derrière le vainqueur.
Les principales formations politiques du pays, notamment l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) de Cellou Dalein Diallo et le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) de l’ancien président Alpha Condé, n’ont pas pris part au scrutin. Suspendus depuis le mois d’août, ces partis avaient appelé au boycott de l’élection, dénonçant un processus électoral qu’ils jugent non inclusif.
Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), mouvement citoyen emblématique des contestations contre la junte, a également rejeté le processus, estimant que les conditions d’une élection libre, équitable et transparente n’étaient pas réunies.
Alors que le pouvoir se félicite d’un scrutin qu’il qualifie de démocratique et apaisé, l’opposition annonce déjà des recours et contestations, laissant présager une période post-électorale sous tension.
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