Guinée : le projet Simandou plonge des milliers de travailleurs dans le chômage
Après le pic d’emplois atteint durant la phase de construction du projet Simandou, des milliers de travailleurs guinéens sont progressivement démobilisés. Une situation qualifiée de post-construction, mais dont l’ampleur suscite des préoccupations sociales.

En Guinée, la démobilisation des travailleurs du mégaprojet minier de Simandou s’intensifie, plongeant des milliers de Guinéens dans le chômage. Ce chantier colossal, présenté comme le plus grand projet minier en construction au monde, avait généré un pic d’environ 60 000 emplois au cours des deux dernières années. Plus d’un mois après son inauguration officielle, le 11 novembre 2025, la réalité du terrain est marquée par une vague massive de pertes d’emplois.
Cette situation s’inscrit dans une phase dite « classique » de démobilisation post-construction, mais l’ampleur du projet rend les chiffres particulièrement impressionnants. Selon des sources proches du dossier, environ 5 000 travailleurs ont déjà été libérés de manière progressive du côté de Rio Tinto, la multinationale anglo-australienne impliquée dans le projet Simandou.
Une source interne indique que ce chiffre est « deux fois inférieur aux prévisions initiales », en raison d’une réévaluation des risques et d’un réajustement du calendrier des chantiers. Certaines livraisons d’infrastructures ont ainsi été reportées. C’est notamment le cas du port minéralier de Morebaya, dans la région de la Guinée maritime, où aucune démobilisation n’est annoncée avant décembre 2026 pour les travailleurs de Rio Tinto.

Cette révision du calendrier serait également liée à un alignement stratégique avec les autorités guinéennes, dans un contexte politique sensible marqué par l’élection présidentielle prévue le 28 décembre 2025.
Du côté de Winning Consortium Simandou (WCS), le consortium sino-singapourien également engagé dans le projet, aucun chiffre officiel n’a été communiqué. Toutefois, selon plusieurs témoignages recueillis sur le terrain, des milliers de travailleurs ont perdu leur emploi depuis le mois de juin 2025. Les travaux relevant de WCS, notamment une partie du port minéralier et plusieurs tronçons de la voie ferrée, sont désormais achevés.
La démobilisation est particulièrement visible le long de la ligne ferroviaire reliant les zones minières aux infrastructures portuaires. Près de 10 000 ouvriers, en majorité basés dans la région de Faranah, y travaillaient. Ils étaient chargés du creusement d’un important tunnel à travers la montagne ainsi que de la construction de nombreux ponts. À l’issue de leurs contrats, ces travailleurs se retrouvent aujourd’hui sans emploi, selon des sources locales.
Si le projet Simandou reste porteur d’espoirs économiques à long terme pour la Guinée, cette phase de transition met en lumière les défis sociaux liés à la gestion de l’après-chantier, notamment la reconversion et l’insertion professionnelle des milliers de travailleurs désormais confrontés au chômage.
Source: RFI
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