« Émeute d’élèves à Siguiri : que s’est-il réellement passé ce samedi matin ? »

La préfecture de Siguiri vit depuis plusieurs jours une crise de carburant sans précédent. Mais ce samedi 18 octobre 2025 , la tension a franchi un nouveau cap : des élèves sont descendus dans les rues après une intervention musclée des forces de l’ordre près d’une station-service. Que s’est-il réellement passé ? Y a-t-il eu des victimes ? Notre correspondant a recueilli des informations sur place.

Depuis près d’une semaine, les stations-service de Siguiri sont quasiment à sec. Les habitants, commerçants et conducteurs de motos-taxis peinent à se ravitailler. Les files d’attente s’allongent dès l’aube, mais les espoirs d’obtenir quelques litres d’essence sont souvent déçus. Cette situation paralyse peu à peu les activités économiques et scolaires.
Tout a basculé ce samedi matin lorsque des citoyens, venus remplir des bidons dans une station, ont été dispersés par les forces de sécurité à l’aide de gaz lacrymogènes. Une école se trouvant à proximité aurait subi les effets de ces tirs, provoquant la panique parmi les élèves. Certains d’entre eux, choqués et irrités, sont alors sortis dans les rues pour exprimer leur colère en lançant des pierres sur les agents.
Un élève, ayant requis l’anonymat, témoigne :
« Depuis quelques jours, nous avons du mal à venir à l’école à cause du manque d’essence. Ce matin, les forces de sécurité ont tiré du gaz lacrymogène près de notre établissement. Certains ont été asphyxiés, d’autres ont paniqué », explique-t-il avant de lancer un appel aux autorités :
« Nous demandons à nos autorités locales et préfectorales d’agir vite pour que de telles situations ne se reproduisent plus. »

Selon les informations recueillies, aucun décès n’a été enregistré, mais une personne a été blessée lors d’une collision avec un pick-up, et une élève s’est évanouie après avoir inhalé du gaz lacrymogène dans la cour de l’école.
Les habitants de Siguiri demandent désormais une réponse rapide des autorités pour rétablir la distribution du carburant et apaiser les tensions dans cette ville minière déjà fragilisée par la crise.
Adama Dantylla Doumbouya, pour djamanainfo.com





