

La commune urbaine de Kindia traverse une période de crispation sociale à la suite d’un différend né autour de la rénovation de la grande mosquée du quartier Kenendé. Financé à hauteur de 2 milliards de francs guinéens par Elhadj Abdoul Wakil Keïta, le projet, pourtant salué pour son ambition, a suscité une vive contestation au sein d’une partie de la population.

Le week-end dernier, des désaccords liés à certaines décisions prises par les autorités locales ont entraîné des manifestations spontanées dans le quartier. La situation a rapidement dégénéré, obligeant les forces de sécurité à intervenir pour rétablir l’ordre. L’usage de gaz lacrymogène a été signalé et plusieurs personnes ont été interpellées, parmi lesquelles un imam, des notables et des jeunes.
Mesures disciplinaires dans le milieu religieux
À la suite de ces événements, le secrétariat préfectoral des Affaires religieuses et de la Ligue islamique de Kindia a annoncé la suspension de quatre imams. Une décision présentée comme une mesure conservatoire visant à préserver la cohésion sociale.

Les autorités religieuses locales rappellent que les responsables de mosquées ont pour mission première de promouvoir la paix, la concorde et l’unité au sein des communautés.
Un désaccord sur la direction spirituelle
Le nœud du problème réside dans la désignation de l’imam appelé à officier dans la mosquée rénovée. Une frange de la jeunesse du quartier conteste le choix envisagé, estimant qu’il ne reflète pas le consensus communautaire. Cette divergence, initialement interne, s’est progressivement transformée en conflit ouvert.
L’affaire portée devant la justice
Ce lundi 9 février 2026, les personnes interpellées ont été présentées devant le Tribunal de Première Instance de Kindia. Elles sont poursuivies pour diffamation, à la suite de déclarations et de documents mettant en cause le bienfaiteur du projet.
À l’audience, certains prévenus ont évoqué des propos attribués au chef de quartier, Fodé Sylla, affirmant que des projets sociaux promis au quartier seraient conditionnés au changement d’imam. Des accusations que la justice entend éclaircir.
Renvoi de l’audience
Pour approfondir l’instruction, le tribunal a ordonné la comparution du chef de quartier et de son adjoint. Le dossier a été renvoyé au mercredi 18 février 2026.
Dans l’attente, plusieurs voix appellent à l’apaisement et au dialogue afin d’éviter que ce différend religieux ne fragilise davantage la cohésion sociale à Kindia.
Dossier à suivre.
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