
À la suite du remaniement partiel du gouvernement guinéen annoncé par décret présidentiel le lundi 27 juillet 2026, le Syndicat National de l’Éducation (SNE) a réagi aux changements survenus à la tête du secteur éducatif. Mme Bintou Keïta prend désormais la direction du ministère de l’Éducation Nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle, succédant à Alpha Bacar Barry.
S’exprimant ce mercredi sur les attentes de son organisation, Camara Abou, secrétaire général adjoint chargé des affaires internes du Bureau Exécutif National du SNE, a salué le parcours de la nouvelle ministre tout en pointant du doigt les dysfonctionnements internes du département.
Selon le responsable syndical, la réussite de la nouvelle administration dépendra avant tout d’une réorganisation profonde des cadres de ce ministère.
« Ce n’est pas un problème de ministre, mais le mal est profond », a déclaré Camara Abou. « C’est au niveau du département qu’il faut revoir et balayer beaucoup, parce que parmi ceux qui y sont, de nombreux cadres ne sont pas dans l’esprit du changement. Quand un ministre vient, certains cherchent des portes d’entrée pour se faire plaire. D’autres viennent faire comprendre au ministre que tel ou tel ne sont pas dans son esprit et veulent tout faire pour le faire échouer. Si le ministre n’est pas un vrai administrateur, il va prendre position contre ces gens-là. Il y en a d’autres qui viennent juste diffamer les gens tous les jours. »
Le SNE invite ainsi la nouvelle ministre à faire le tri parmi ses collaborateurs pour se concentrer exclusivement sur les réformes structurelles du système éducatif.
« Par contre, il y en a d’autres qui viennent avec des propositions de projets », a souligné le secrétaire général adjoint du SNE. « Elle doit travailler avec ces gens-là, qui viennent avec des projets allant dans le sens de la qualification du système éducatif. Mais si elle se met à écouter les autres, c’est ce qui fait échouer des ministres dans la plupart des cas. »
Si l’arrivée de Mme Bintou Keïta suscite un espoir de renouveau, le SNE rappelle que les réformes ne pourront aboutir sans un assainissement rigoureux de l’administration du ministère. La capacité d’arbitrage et la rigueur de gestion de la nouvelle ministre seront donc déterminantes pour l’avenir de l’école guinéenne.
Saliou Cissé pour djamanainfo.com





