
La recrudescence des cas de viol demeure une préoccupation majeure pour les acteurs engagés dans la protection des droits humains et la lutte contre les violences basées sur le genre. Cependant, sur le terrain judiciaire, un obstacle persiste : le désistement fréquent des familles des victimes au cours des procédures.
Une question cruciale se pose alors : le retrait ou le pardon de la famille annule-t-il les poursuites contre l’accusé ?
Interrogé sur la portée juridique de ce comportement familial, Mamady 2 Kébé, substitut du procureur de la République près le tribunal de première instance de Kankan, s’est voulu catégorique. Le retrait de la plainte par les parents n’éteint en aucun cas l’action publique.
« Tous ceux qui sont victimes de viol, leurs parents ont droit de désister ou non. Mais cela n’arrête pas la procédure judiciaire, parce que ce n’est pas pour lui seul, c’est pour sauver tous les citoyens. Si cela n’est pas puni, ça va motiver d’autres personnes. Donc, si on engage la procédure judiciaire contre quelqu’un, rien ne l’empêche, il sera jugé », a-t-il affirmé sans détour.
En matière de viol considéré comme une infraction grave par le Code pénal , l’action publique appartient au ministère public (le parquet). Même si les proches de la victime choisissent d’abandonner les poursuites, la justice poursuit son cours afin de protéger l’ensemble de la société et d’éviter toute impunité ou récidive.
Par cette clarification, le parquet de Kankan rappelle aux citoyens que le viol n’est pas une affaire privée qui se règle à l’amiable, mais un crime qui relève de la responsabilité de l’État.
Saliou Cissé pour djamanainfo.com




